7 Façons de Surpasser le Syndrome de l’Imposteur.

by | Juin 9, 2021 | Podcast | 0 comments

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Vous êtes-vous déjà senti comme une fraude ? Comme si vos collègues ou vos proches allaient soudainement découvrir que vous n’êtes pas qui vous prétendez être ? Comme si le monde entier allait finalement s’apercevoir que vous ne méritez pas vos accomplissements, car ils sont dus uniquement à la chance.

Ce sentiment est un phénomène malheureusement très répandu dans le monde, vous venez d’expérimenter ce que l’on nomme le Syndrome de l’Imposteur. (SI)

C’est en 1978 que le terme est apparu pour la première fois dans l’article « The Impostor Phenomenon in High Achieving Women: Dynamics and Therapeutic Intervention » traduit en français ça donnerait « le phénomène de l’imposteur chez les femmes très brillantes : Dynamique et intervention thérapeutique rédigées par deux psychologues Américaines Pauline R. Clance et Suzanne Ament Imes à l’université de Georgie Slate.

Si cela peut vous rassurer, dites-vous que vous êtes loin d’être un cas isolé. Une étude publiée par The Journal of Behavioral Science explique que 70 % de la population est confronté au moins une fois au cours de sa vie au syndrome de l’imposteur. Contrairement à ce qui est souvent affirmé il n’existe pas de différence de genre, les hommes et les femmes restent autant touchés l’un que l’autre.

Le SI n’est pas uniquement lié au monde du travail, il touche toutes les sphères de nos vies comme la famille et les relations amoureuses.

De nombreuses célébrités comme Tom Hanks, Emma Watson, Maya Angelou ou bien encore Michelle Obama ont souffert du SI à certains moments de leur vie. Beaucoup d’entrepreneurs comme le milliardaire CEO Australien Mike Cannon-Brookes a confirmé lui aussi être affecté par ce sentiment.

Pour résumer, le syndrome de l’imposteur est le sentiment d’être un menteur, une fraude. Le ressenti de ne jamais mérité ce qu’on réussi.

 

Quelles sont les causes du SI ?

Ce syndrome est principalement lié à une mauvaise estime de soi, qui amène un dénigrement systématique de ses propres compétences et de ses propres succès.

Implicitement, cela affecte notre confiance en soi et par conséquent notre résilience face à nos peurs (peur de l’échec, peur de la réussite, peur de l’opinion des autres, etc.)
Cela peut aussi entrainer la procrastination, car les personnes ont peur d’être démasquées en cas de réussite. Procrastiner permet alors dans cette situation d’éviter ce potentiel problème.

À l’inverse une des stratégies de défenses les plus fréquentes est le surinvestissement pour mettre en avant l’énorme quantité de travail fourni et non les compétences voir le talent.
Dans le pire des cas, cette stratégie sur le long terme peut mener jusqu’au burnout.

Conséquences du Syndrome de l’Imposteur

  • Manque de confiance en soi
  • Dévalorisation
  • Anxiété
  • Autosabotage
  • Burnout
  • Procrastination
  • Remise en question importante (doutes)
  • Perfectionnisme

 

Est-ce une pathologie ?

Le SI n’est ni une maladie ni une pathologie. Il n’a donc pas besoin d’être traité par médicament sauf dans certains cas du à des conséquences aggravées comme le burnout ou la dépression, mais il ne s’agit alors plus du SI.

Dans l’article originel des psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes, le terme « syndrom » n’apparaît jamais, c’est le terme de « phénomène » qui est utilisé.

Même si vous faites partie des personnes souffrant de doutes depuis des années, sachez que des solutions existent, voici 7 façons de surpasser le SI.

 

Comment triompher du syndrome de l’imposteur

 

1. Prenez conscience de votre sentiment d’imposture

La première étape pour surpasser votre syndrome de l’imposteur est d’être conscient de ce sentiment. Cela peut paraître évident, pourtant de nombreuses personnes l’expérimentent sans s’en rendre compte.

 

Comment découvrir ce sentiment

L’un des moyens les plus efficaces dans cette situation est d’utiliser votre journal personnel.
À chaque fois que vous expérimentez cette sensation, prenez le temps d’écrire ce que vous ressentez, notez les pensées qui vous vienne, dans quelle situation elles apparaissent et demandez-vous pourquoi vous ressentez-vous cela.
Est-ce dû à la comparaison que vous faites vis-à-vis des autres ? Est-ce que vous êtes confronté au perfectionnisme ? Vous sentez-vous comme une fraude et vous pensez être révélé au grand jour ?

 

Comment reconnaître le SI dans notre quotidien ?

Traquez les pensées et les actes du type :

-Vous vous sentez chanceux d’avoir réussi ce projet alors que vous avez travaillé comme un fou dessus
-Vous êtes convaincu que vous n’êtes pas assez bon
-Vous avez le sentiment d’être une arnaque et de ne pas être à votre place
-Vous vous fixez des objectifs impossibles à atteindre
-Vous procrastinez de peur d’être exposé
-Vous êtes incapable de déléguer votre travail
-Vous êtes un bourreau de travail

L’intérêt de noter régulièrement dans son journal ce que vous ressentez est multiple. Vous allez pouvoir mettre des mots concrets sur vos sentiments, devenir plus conscient des moments où vous sentez submerger par ces sensations d’impostures et découvrir l’origine de vos maux.
Mais surtout, vous avez maintenant la possibilité de remettre en question vos pensées et de les combattre avec efficacité.

Est-ce que vos pensées sont basées sur des faits concrets ou le reflet de vos insécurités ? Cherchez des preuves et remettez en question les jugements que vous avez sur vous-même.

Prenez du recul avec vos sentiments, faites attention aux mots que vous choisissez et coupez le discours négatif de votre petite voix interne.

 

2. En parler autour de soi

La bonne nouvelle c’est que vous n’êtes pas tout seul dans cette situation. Vous pourriez être très surpris d’apprendre en parlant avec votre entourage de constater à quel point le SI est fréquent, même chez des personnes extrêmement compétentes.

Trouvez un ami sincère, un collègue en qui vous avez confiance ou un mentor, et partagez ce que vous ressentez et les expériences que vous traversez.
Vous n’êtes pas un cas isolé, je suis moi-même confronté à cette situation, parfois quand je rédige un article ou un podcast je me demande si j’ai la légitimité pour le faire.

En partageant vos expériences, écoutez les récits de vos interlocuteurs, ensuite, essayer d’adopter une perspective différente et de vous rassurer. Vous n’êtes pas seul.

 

3. Arrêter de se comparer aux autres

Quand on a tendance à se dévaloriser, l’une des conséquences les plus communes est de se comparer aux autres. On observe les qualités que l’on n’a pas, on jalouse parfois les résultats qu’ils ont et nous nous reprochons à nous-mêmes de ne pas avoir fait la même chose.

La comparaison aux autres est toujours abordée d’un point de vue extrêmement négatif vis-à-vis de nous-mêmes sans que nous voyions nos propres qualités.

Les personnes atteintes de manque d’assurance vont chercher la reconnaissance et de la valeur dans le regard d’autrui. Cela a pour conséquence de se sentir en permanence observer et juger. Dans les pires cas, cela amène à un immobilisme.

Il est temps de sortir de votre égo. Et oui, vous avez bien lu. Paradoxalement, ce sentiment vient en grande partie de votre égo, car cela implique que vous pensez que tout le monde s’intéresse à ce que vous faites.

C’est assez ironique de constater que les autres n’ont rien à faire de nous et de ce que nous faisons, car en réalité ils sont déjà bien trop occupés à s’occuper d’eux même pour faire attention à nous.

Prenez du recul et remettez en perspective ce que pensent les autres de vous.

⇒ Écoutez le podcast dédié à cette thématique

4. Listez vos succès

Voici une méthode tout à fait judicieuse pour combattre le SI. Il est temps de reconnaître votre valeur et vos accomplissements.

Si vous vous sentez imposteur depuis des années, cela peut sembler compliquer de prime abord, de trouver des succès.
Le but ici n’est pas de raconter que vous avez sauvé une famille d’une voiture en flamme (si c’est le cas, bravo !), mais bel et bien de répertorier tout ce que vous avez accompli, même la plus petite chose qui vous semble insignifiante.

Voici un exercice que je donne lors des sessions de coaching, prenez le temps de lister 100 choses dont vous pouvez être fier d’avoir réaliser, créer ou produit. Voici quelques exemples que vous pouvez noter :

« j’ai appris à lacer parfaitement mes chaussures ».
« j’ai été diplômé »
« j’ai monté ma société »
« j’ai décroché un premier emploi »

Restez focalisé sur les faits et uniquement sur les faits. Si vous voulez ajouter une réussite à votre liste, mais au moment ou vous l’écrivez vous êtes submergé par le sentiment que ce succès est dû à un facteur extérieur, essayer trouver la cause réelle de cette victoire qui se cache derrière comme : votre dur travail, vos compétences, votre prise de risque.

Vous saisissez l’idée, le but ici est de vous faire prendre conscience que la chance n’a qu’un rôle mineur.

Et oui, vous méritez vos succès ! Alors, soyez-en fier.

 

5. Surpasser le perfectionnisme

Le perfectionnisme va avoir principalement deux issues bien différentes. La première, c’est la tendance à vouloir mener un projet à la perfection ce qui implique logiquement un fort sentiment d’imposture lorsque celui est terminé. L’insatisfaction personnelle de ne pas avoir fait mieux laisse place peu à peu à l’anxiété que notre environnement découvre aussi ces imperfections.

La seconde issue que l’on peut constater est le cas opposé, c’est-à-dire, un projet qui ne sera jamais fini, car le sentiment de vouloir être parfait est trop puissant. Ces individus sont persuadés que leurs idées seront mal perçues, ou que le projet sera mal accueilli. Cela va générer trop de peur et par conséquent mener à la procrastination, ainsi le projet n’ira pas à son terme, voire même ne débutera jamais.

Il n’y a rien de mal à vouloir atteindre l’excellence, mais il y a un équilibre à trouver entre atteindre de très hauts standards et viser l’impossible.

Il est temps de mettre en perspective vos réalisations, commencez peu à peu à voir ce que vous faites de bien, ce que vous avez déjà réalisé par le passé.
Prenez du recul pour ne pas être focalisé sur des micros détails, mais voir votre travail dans son ensemble, et pensez à vous récompenser une fois la tâche achevée.

 

6. Fake it until you make it. Faites semblant jusqu’au jour où vous n’en aurez plus besoin.

Cela pourrait paraître être une idée surprenante et pourtant c’est l’un des meilleurs moyens pour vaincre le sentiment de fraude.

Accepter et embrasser pleinement votre sentiment d’imposteur, vous n’avez pas besoin d’être confiant pour vous lancer.

Quand nous étions petits, nous avons tous joué à des jeux où on faisait mine d’être un cowboy, un médecin, une star ou bien encore un grand sportif. On se met alors à interpréter, à réagir comme si les choses étaient vraies.

La bonne nouvelle c’est qu’on peut faire la même chose dans notre quotidien d’adulte, visualisez-vous au top, embrasser pleinement la personne que vous voulez être, et agissez comme tel. Bien entendu, le début sera difficile, tenez bon, et persévérez jusqu’au moment où vous n’aurez plus jamais besoin de faire semblant, car ça sera vous, tout simplement.

 

7. Guérir son estime de soi

Pour aller en profondeur, comme je l’expliquais en introduction, le SI trouve sa racine dans une estime de soi instable.

L’estime de soi est la façon dont on s’évalue soi-même au travers de différents critères. Qui suis-je ? Suis-je un individu qui mérite l’amour et le respect ? Est-ce que je m’aime ? Est-ce que je valorise mes qualités et accepte mes défauts ? Est-ce que j’apprécie qui je suis ?

Dans le cas du phénomène de l’imposteur, une personne manquant de considération aura plutôt tendance à penser « Tiens, cette personne qui s’intéresse à moi a sans doute du faire une erreur » « j’ai réussi, car j’ai eu un coup de chance, ils finiront par s’en rendre compte et me virer ».

Une défaillance de l’estime entraine l’impression qu’on ne mérite pas ce qui nous arrive.
Pourtant, il est temps de réévaluer ce jugement à votre sujet, à remettre en question ces pensées définitives que vous portez sur vous et surtout d’apprendre à vous aimer vous-même. C’est un travail de longue haleine, mais qui aura des répercussions incroyables dans tous vos domaines de vie.

 

Conclusion

Le SI est très présent dans notre société, à tous les niveaux peu importe le statut social, le diplôme ou bien encore le salaire.

Ce sentiment peut causer beaucoup de souffrances qui viennent perturber notre quotidien et nous empêche de profiter pleinement de nos réalisations.

La bonne nouvelle est qu’en faisant un travail conscient sur nous-mêmes, le sentiment de fraude peut disparaître rapidement. Néanmoins, si vous pensez avoir tout testé et que les résultats ne sont pas satisfaisants, faites appel à un coach avant de vous retrouver dans une situation encore plus difficile.

Le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité, osez une approche différente, prenez le temps, et embrassez enfin votre plein potentiel avec liberté.

Articles qui peuvent vous intéresser :

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *